De la Bourgogne aux Pyrénées – voyage sur la ligne du Train Jaune

Aujourd’hui, je vous emmène pour un périple ferroviaire de plus de 2000 km de la Bourgogne aux Pyrénées ! L’objectif est de rejoindre la ligne du Train Jaune qui relie Villefranche de Conflent à Latour de Carol.

J’ai découvert la ligne du Train Jaune grâce à un DVD de l’émission « Des trains pas comme les autres » consacrée aux lignes de train en France.  J’avais envie de faire cette ligne qui réserve bien des surprises. A l’été 2022, j’ai enfin pu découvrir ce TER hors du commun. Il s’agit d’une ligne intégrée au réseau SNCF exploitée par la région Occitanie comme un TER. Cela a l’avantage d’offrir de belles promotions sur les billets selon les périodes. Quand j’y étais, les billets étaient à 5€ par jour sur la ligne du Train Jaune.

Suivez moi pour un périple ferroviaire à travers la France

Mon voyage et ses étapes

Mon voyage débute en grande vitesse de Dijon-Ville à Paris Gare de Lyon. Dès mon arrivée je profite de la consigne de la gare d’Austerlitz pour déposer mon sac de voyage et visite la capitale.  Après avoir visité la cité de l’architecture et du patrimoine, le musée des égouts de Paris et fait un tour dans les rues il était l’heure de revenir à la gare récupérer mon sac et rejoindre le train de nuit en direction de Perpignan. Une heure après Paris, le train effectue un arrêt à la gare des Aubrais à proximité d’Orléans. Ensuite, la nuit peut vraiment commencer. Je me laisse bercer par les bruits de la voie et les mouvements des voitures couchettes. Après une pause d’une demi-heure à Narbonne vers 7h20 pour changer de sens la locomotive, le train est arrivé plie à l’heure à Perpignan. Dans la gare que Dali surnomme le centre du monde, un TER pour Villefranche de Conflent m’attends. Encore cinquante minutes de train et me voilà arrivé à la deuxième étape de mon périple en gare de Villefranche – Vernet-les Bains.

Actuellement, la ligne TER Perpignan – Villefranche de Conflent est coupée, mais des substitutions routières sont mises en place à certains horaires. Pour plus d’information, je vous invite à consulter le site TER LiO (région Occitanie) : https://www.ter.sncf.com/occitanie/se-deplacer/info-trafic

Villefranche de Conflent

Une ville fortifiée par Vauban

En sortant du train, impossible de louper les fortifications réalisées par Vauban. J’ai commencé ma visite de la ville en grimpant en direction du Fort Libéria. Celui-ci date de 1681. Il a servi de défense pour la ville mais également de prison.

Pour monter au fort depuis la gare, vous avez trois solutions. La première est un sentier qui vous y conduit en une bonne quinzaine de minutes. La deuxième est un souterrain relié au centre-ville de 734 marches ! En comparaison le deuxième étage de la Tour-Eiffel accessible par les escaliers en a seulement 674. Enfin, pendant la saison touristique, il est possible de monter en 4×4 (6€ en plus du billet d’entrée).

Le fort se visite en autonomie. Après avoir pris le ticket d’entrée, l’équipe du fort vous remettra un guide explicatif des différentes parties du lieu. Les explications sont complètes et offrent également quelques repères sur le paysage des alentours.

Pour plus d’informations, c’est ici : https://fort-liberia.com

Maintenant, que la visite est terminée, direction le village par le souterrain et ses 734 marches !

La grotte des Canalettes

Après la visite du fort, je vous propose de traverser le village afin de vous mettre au frais à la grotte des Canalettes. Sa température est de 13°C toute l’année. Quand il fait chaud en été ça fait un bien fou !

La mise en valeur des concrétions est réalisée grâce à des jeux de lumière. Au milieu du parcours, vous aurez même droit à un petit spectacle. La visite se fait en autonomie avec des panneaux explicatifs. A la fin de l’été 2022 de nombreux panneaux étaient en mauvais état.

Pour plus d’info, le site des grottes : https://www.grottescanalettes.com

Retour en ville

Cette fois ci on retourne à nouveau en ville pour profiter des remparts et des petites rues.

Pour accéder aux remparts, il faut traverser le village pour vous rendre à la Porte d’Espagne, rue Saint-Jean. Une fois entré vous pourrez faire presque la moitié du tour de la ville. Les remparts accueillent de nombreuses expositions tout au long de l’année.

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site de l’office du tourisme : https://www.tourisme-canigou.com/decouvrez/les-fortifications-de-vauban/les-remparts

Après cette visite en hauteur, retour sur la terre ferme. Avant de reprendre le train, n’hésitez pas à vous balader dans les rues piétonnes pour découvrir les différents artisans du village et les spécialités locales.

La ligne du Train Jaune

On arrive enfin au moment de monter dans le train ! Avant le départ, je vais en profiter pour vous présenter l’histoire de la ligne.

62 kilomètres, 650 ouvrages d’art dont 19 tunnels et 40 ponts, 22 points d’arrêts dont 8 gares et 14 haltes. Voici quelques chiffes assez impressionnantes autour de cette ligne plus que centenaire.

Sa construction a été actée par l’Etat entre 1901 et 1902 pour le tronçon entre Villefranche de Conflent et Bourg Madame, mais la ligne était déjà dans les projets depuis de nombreuses années. En 1910, la ligne ouvre de Villefranche de Conflent à Mont Louis puis en 1911 elle est prolongée à Bourg Madame. Il faudra attendre 1927 pour qu’elle atteigne son terminus actuel à Latour de Carol Enveitg.

Une ligne électrique dès l’origine

Les ingénieurs ont choisi un écartement métrique pour la réaliser. On retrouve cet écartement sur des lignes de montagnes ou sur des lignes secondaires. Il présente l’avantage de prendre moins de place au sol tout en permettant des courbes plus prononcées. En France sur le réseau SNCF, on trouve deux autres lignes équipées de voies métriques :  le Mont Blanc Express entre Saint Gervais les Bains, Chamonix, Vallorcine et Martigny en Suisse, et la ligne du Blanc Argent du côté de Châteauroux. Ces deux lignes sont des TER. En dehors de ces lignes,on le retrouve également sur chemins de fer de Provence entre Digne les Bains et Nice ainsi que sur les chemins de fer de Corse.

Un autre point commun entre le Mont Blanc Express et le train jaune est le mode d’alimentation. Ici l’électricité est amenée au train par un troisième rail alimenté en 850V. Comme les métros le train est équipé d’un frotteur qui capte cette énergie. Dès l’origine, la ligne du train jaune a été alimentée grâce à la houille blanche (hydroélectricité) en provenance du barrage des Bouillouses.

Cette fois ci, nous sommes presque prêts à partir pour la prochaine étape qui est Mont Louis La Cabanasse. Hop tous dans la baignoire !

La voiture « baignoire »

Dit comme ça, à part si vous avez déjà vu des reportages sur la ligne du train jaune le titre « la voiture baignoire » ne doit rien vous évoquer ou alors vous vous demandez ce qu’il y a dans mes tartines au petit déjeuner.

Cela correspond tout simplement à une voiture voyageur faisant parti du train jaune qui n’a pas de toit ! Pour cette première partie de trajet c’est idéal pour profiter du pont Gisclard et du paysage de manière générale. Sur l’ensemble des trains de la SNCF, le train jaune est le seul à posséder cette voiture particulière. En hiver cette voiture ne circule pas. Dans les nouvelles automotrices construites par Stadler, cette voiture n’est pas disponible.

Mont Louis – La Cabanasse, premier arrêt de mon parcours

Une heure après mon départ de Villefranche de Conflent, me voilà arrivé en gare de Mont-Louis – La Cabanasse. La gare est à cheval entre les deux villages et vous proposera régulièrement des jolies scènes de croisement entre le train arrivant de Villefranche et ceux venant de Font Romeu et Latour de Carol.

Après avoir déposé mon sac dans le gite que j’avais réservé pour la nuit, je suis reparti sur mes pas pour visiter le petit village de Mont Louis.

A mon arrivée (17h30) presque tout était fermé. Je vous conseille de demander en avance la documentation à l’office du tourisme. Le village a son plan en étoile, qui est une caractéristique majeure des cités fortifiées par Vauban. Il est normalement possible de faire le tour des remparts par l’extérieur mais le chemin était mal balisé (en 2022). La citadelle accueille toujours des militaires qui font des entrainements autour. J’ai alors préféré profiter de l’ambiance des petites rues.

Enfin, pour manger j’avais repéré un restaurant sur Google Maps mais celui-ci ne servait plus le soir où je suis arrivé. Je me suis retrouvé à aller au distributeur de pizzas situé juste devant l’entrée des fortifications. Heureusement elle était bonne.

L’adresse du gîte ou je suis allé : 11 Avenue de Lax – 66210 La Cabanasse https://www.booking.com/Share-IQQqnY. Les prix ont bien augmenté par rapport à 2022.

De Mont-Louis à Latour de Carol

Après une bonne nuit de sommeil, il est temps de quitter Mont-Louis pour rejoindre Latour de Carol. En chemin, le train passe par la halte de Bolquère Eyne, qui est la plus haute gare du réseau ferré national à 1592m d’altitude. En dehors du réseau SNCF, la gare la plus haute se trouve sur le Tramway du Mont-Blanc au Nid d’Aigle qui culmine à 2732m. Ensuite, le train dessert Font-Romeu, une station de ski célèbre pour son four solaire.

Une après-midi à occuper à Latour de Carol – Enveitg

En arrivant vers 13h10 à la gare, je suis tout de suite allé au bistrot de la gare pour le repas du midi. Ce n’est clairement pas ma meilleure expérience culinaire mais au moins il est bien placé et assez rapide.

Se balader dans les deux villages de Latour de Carol et Enveitg est sympa si vous aimez les vieilles pierres. Cependant, il n’y a pas grand-chose à faire pour passer le temps. Avant de repartir, j’ai profité de l’ouverture d’une boulangerie à 16h le long de la Nationale 20 pour me prendre un sandwich pour le soir. Il y a normalement une boutique Relay dans la gare mais elle était fermée lorsque j’y étais.

Si vous le pouvez, je vous conseillerai de passer la frontière espagnole pour vous balader à Puigcerdá. Depuis la gare il vous faut à 1h à pied ou 15 minutes à vélo avec 103m de dénivelé pour le retour.

Latour de Carol-Enveitg, une gare bien particulière au milieu des Pyrénées

La gare de Latour de Carol-Enveitg a plusieurs particularités qui en font une gare assez originale. Elle permet de faire des correspondances entre trains français et espagnols. En 3h24, il est possible de rejoindre Barcelone grâce à 6 allers-retours par jour.

Le fait que des trains espagnols desservent la gare apporte trois écartements de rails différents. Le train jaune a son écartement d’un mètre. Les trains français roulent à l’écartement standard qui est de 1,437m, et les Espagnols ont un écartement bien plus grand de 1,668m. De plus l’électrification n’est pas identique pour les trois réseaux.

Une desserte étrange

Malgré des destinations qui donnent envie, les correspondances proposées sont loin d’être optimales. Il vous faudra souvent attendre très longtemps avant d’avoir le train que vous souhaitez. Sur ce schéma j’ai représenté les départs et arrivées des différents trains en gare de Latour de Carol. Comme sur les panneaux en gare, le bleu symbolise le départ et le vert les arrivées.

Ce tableau est valable jusqu’au 4 juillet 2025 (date de validité des fiches horaires qui ont servi à son élaboration).

Il est désormais l’heure de rejoindre mon Intercités de Nuit pour Paris Austerlitz avant de rentrer le lendemain en TGV jusqu’à Dijon.

J’espère que cette balade en train de la Bourgogne aux Pyrénées vous aura plu et je vous donne rendez prochainement pour de nouvelles découvertes !

1 réflexion sur “De la Bourgogne aux Pyrénées – voyage sur la ligne du Train Jaune”

  1. sylvie goyard

    Merci Aurélien pour cette escapade très bien documentée et présentée sous une forme agréable à lire; une belle découverte! Bravo et c’est sympa de partager toutes ces belle expériences.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Retour en haut